Partition/Ensemble : SQET/ACRT 2020 — Partition/Ensemble: CATR/SQET 2020: Call for Open Papers, Demonstrations or Posters

Posted by | November 26, 2019 | Uncategorized


Partition/Ensemble : SQET/ACRT 2020 Appel de communications libres, conférences-démonstration ou
présentations par affiche

(ENGLISH VERSION FOLLOWS)

La Société québécoise d’études théâtrales (SQET) et l’Association canadienne de la recherche théâtrale (ACRT) organisent conjointement un colloque bilingue du 25 au 28 mai 2020, à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université Concordia. L’événement, qui a pour thème Partition/Ensemble, se veut un lieu d’échanges autour des modes de composition, de création et de transmission (« partition » en français), ainsi que des traditions intellectuelles et artistiques – à la fois partagées (« ensemble ») et distinctes (« partition » en anglais) – au Canada. Dans le cadre de ce colloque, nous vous invitons à traverser la ville de Montréal et les deux langues officielles du pays.

Le thème de l’édition 2020 du colloque constitue déjà un tel geste. En français, une première définition de « partition » réfère à un système de notation qui intègre plusieurs notes afin de produire une composition musicale. Si le concept de la partition est présent en anglais sous l’appellation « score » – notion centrale à une pratique créative contemporaine non axée sur le texte –, « partition » renvoie d’abord et avant tout, dans la langue de Shakespeare, à un acte de séparation, à l’état divisé d’un objet. D’autre part, les sens du terme « ensemble » se chevauchent considérablement en français et en anglais ; dans chaque langue, « ensemble » représente une réunion, une collection ou une totalité d’éléments assortis, ce qui renvoie aussi à un sens commun dans les arts de la scène : un collectif d’acteur·rice·s, de musicien·ne·s ou de danseur·se·s travaillant à atteindre un même objectif. Recouvrant à la fois les idées de partage collectif et de division (ou cloisonnement), Partition/Ensemble ouvre donc sur une constellation de sens qui se déclinent diversement en anglais et en français, mais qui résonnent intensément dans ces deux langues. Le colloque 2020 est l’occasion d’interroger tout le potentiel esthétique et politique de telles notions à l’œuvre dans les arts vivants.

Les mots « partition/score » peuvent être envisagés selon deux perspectives : graphique et performative. Graphique, en ce qu’ils référent à des modes de notation et de codification d’une œuvre, qui visent sa transmission suivant des règles préétablies ; performative, lorsqu’ils sont plutôt associés au processus de création, à des façons de créer une œuvre. Julie Sermon et Yvane Chapuis (2016), dans l’ouvrage qu’elles consacrent à la partition et aux objets et concepts des pratiques scéniques aux 20e et 21e siècles, écrivent que « le terme de partition a en effet pour spécificité de renvoyer à un objet de médiation concret : c’est un support matériel, consignant un ensemble de signes qui ont vocation à être déchiffrés puis mis en jeu, en fonction de règles et de conventions plus ou moins rigoureusement établies ».
Parmi les axes possibles de réflexion, on retiendra :

La Société québécoise d’études théâtrales (SQET) et l’Association canadienne de la recherche théâtrale (ACRT) organisent conjointement un colloque bilingue du 25 au 28 mai 2020, à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université Concordia. L’événement, qui a pour thème Partition/Ensemble, se veut un lieu d’échanges autour des modes de composition, de création et de transmission (« partition » en français), ainsi que des traditions intellectuelles et artistiques – à la fois partagées (« ensemble ») et distinctes (« partition » en anglais) – au Canada. Dans le cadre de ce colloque, nous vous invitons à traverser la ville de Montréal et les deux langues officielles du pays.

Le thème de l’édition 2020 du colloque constitue déjà un tel geste. En français, une première définition de « partition » réfère à un système de notation qui intègre plusieurs notes afin de produire une composition musicale. Si le concept de la partition est présent en anglais sous l’appellation « score » – notion centrale à une pratique créative contemporaine non axée sur le texte –, « partition » renvoie d’abord et avant tout, dans la langue de Shakespeare, à un acte de séparation, à l’état divisé d’un objet. D’autre part, les sens du terme « ensemble » se chevauchent considérablement en français et en anglais ; dans chaque langue, « ensemble » représente une réunion, une collection ou une totalité d’éléments assortis, ce qui renvoie aussi à un sens commun dans les arts de la scène : un collectif d’acteur·rice·s, de musicien·ne·s ou de danseur·se·s travaillant à atteindre un même objectif. Recouvrant à la fois les idées de partage collectif et de division (ou cloisonnement), Partition/Ensemble ouvre donc sur une constellation de sens qui se déclinent diversement en anglais et en français, mais qui résonnent intensément dans ces deux langues. Le colloque 2020 est l’occasion d’interroger tout le potentiel esthétique et politique de telles notions à l’œuvre dans les arts vivants.

Les mots « partition/score » peuvent être envisagés selon deux perspectives : graphique et performative. Graphique, en ce qu’ils référent à des modes de notation et de codification d’une œuvre, qui visent sa transmission suivant des règles préétablies ; performative, lorsqu’ils sont plutôt associés au processus de création, à des façons de créer une œuvre. Julie Sermon et Yvane Chapuis (2016), dans l’ouvrage qu’elles consacrent à la partition et aux objets et concepts des pratiques scéniques aux 20e et 21e siècles, écrivent que « le terme de partition a en effet pour spécificité de renvoyer à un objet de médiation concret : c’est un support matériel, consignant un ensemble de signes qui ont vocation à être déchiffrés puis mis en jeu, en fonction de règles et de conventions plus ou moins rigoureusement établies ».
Parmi les axes possibles de réflexion, on retiendra :

  • La partition comme lieu de l’invention de modes de compositions scéniques, corporels, musicaux inédits au sein d’un ensemble ou d’un collectif artistique. Comment les différents « langages » de la partition (notation du mouvement, de la lumière, de l’analyse dramaturgique, de la création sonore) se rassemblent-ils dans des productions artistiques qui traversent les frontières disciplinaires ?
  • La partition en tant que matériau mémoriel, qui a comme visée de garder la trace d’une création, d’un processus, en vue d’une transmission (artistique, historique, pédagogique, etc.).
  • La partition comme forme esthétique fondée sur l’assemblage, le fragment, des tâches à exécuter plutôt que sur le récit dramatique.
  • La partition comme mode d’engagement en dialogue avec d’autres créateur·rice·s du passé, du présent et de l’avenir, pour incarner une forme d’ensemble. Puisque le terme « partition » évoque notamment la division et la distribution (des rôles, du travail, des tâches, par exemple), la question du partage et de l’organisation du travail créatif dans les collectifs d’artistes est également un enjeu.

Ces axes devraient conduire à examiner les différentes formes d’intersections esthétiques, créatives et culturelles que ces traversées permettent, empêchent ou remettent en question dans les arts vivants contemporains.

Nous souhaitons également creuser un deuxième sens associé au terme « partition », lequel est plus courant en anglais : la partition en tant qu’élément spatial et social. Ainsi, qu’elle soit physique ou conceptuelle, la partition peut être incarnée autant par un rideau que par une frontière territoriale, appelant une rupture géopolitique et un dissensus social. Se voient alors mises en évidence les marques des réalités coloniales canadiennes envers les populations autochtones, par exemple, ce qui continue d’informer les idées que nous nous faisons du savoir, et comment nous vivons ensemble – même rupture qui influe, de manière marquante et durable, sur la configuration socio-spatiale de Montréal, notre ville hôte en 2020, et qui appelle une seconde partition le long de la question linguistique. Ainsi la partition revêt-elle des significations profondément théâtrales dans la mesure où de nombreuses pratiques liées à la performance se fondent sur des divisions sociales et spatiales d’un type ou d’un autre : les coulisses vs la scène, le public vs l’interprète, etc. Et pourtant, comme les arts vivants le montrent, l’espace créé par la partition en est aussi un qui rime avec jointure ou connexion ; en même temps qu’une frontière divise les terres, elle les connecte, comme le suggère le mot « partager ». Nous pourrons ainsi poser les questions suivantes :

  • Quels territoires se partagent (au sens de répartitions et de divisions) la SQET et l’ACRT ? De même les études théâtrales, les Performance Studies, les études autochtones et d’autres disciplines.
  • Quels partages sont possibles dans les espaces coloniaux, postcoloniaux, décoloniaux et profondément plurilingues comme l’île de Montréal ?

Ces deux lignes directrices du colloque n’ont pas à être conceptualisées séparément, mais plutôt de manière concomitante ; par exemple, les pratiques créatives instituent toujours, sur le plan micropolitique, des manières d’être ensemble qui s’inventent, s’élaborent et se négocient par le collectif ; les divisions territoriales et linguistiques sont également des points de rencontre.
Nous accueillerons une variété de sujets de recherche et d’approches: même si nous encourageons les propositions s’inscrivant dans les axes proposés autour du thème Partition/Ensemble, nous considèrerons également les propositions hors-thème. En plus des propositions à communications, nous accueillerons aussi les propositions de conférence-démonstration ou performées ainsi que les propositions de présentation par affiche. Pour les propositions de conférence-démonstration, veuillez indiquer vos besoins en espace et en technique.
 
Vos envois doivent inclure : une proposition de 250 mots, votre nom et votre affiliation, ainsi qu’une bio de 100 mots. La date limite pour envoyer vos propositions est le 4 décembre 2019, à partitionensemble@gmail.com.
 
Une fois leur proposition acceptée, les participant·e·s devront adhérer à la SQET ou à l’ACRT, ou devenir membres (à prix réduit) des deux associations. Pour de plus amples informations sur la SQET ou l’ACRT, pour devenir membre ou pour renouveler votre adhésion, veuillez visiter les sites http://www.sqet.uqam.ca ou www.catracrt.ca.
 
 
Sylvain Lavoie (Université Concordia)
Nicole Nolette (Université de Waterloo)
Coresponsables – Comité de programmation du colloque

Partition/Ensemble: CATR/SQET 2020
Call for Open Papers, Demonstrations or Posters

From May 25th to 28th, 2020, the Canadian Association for Theatre Research and the Société québécoise d’études théâtrales will hold a joint, bilingual conference on the theme “Partition/Ensemble.” Under this banner, we will discuss modes of scenic composition and creative processes (partition in French) and of intellectual and artistic traditions – both shared (“ensemble”) and distinct (“partition” in English) – in Canada. To be held in Montreal at the Université du Québec à Montréal and Concordia University, this conference invites us to traverse the city and Canada’s two official languages.

The theme of the 2020 conference already embodies such a gesture. In French, the first definition of partition refers to a system of notation that brings together many notes in order to produce a musical composition (a “score”). While the idea of a score and scoring is central to contemporary, non-text-based creative practice in English too, “partition” in the language of Shakespeare refers first and foremost an act of separation, the state of being parted, or a dividing object. On the other hand, the French-language and English-language meanings of “ensemble” overlap more significantly. In each, ensemble means “together” and also refers to a “set” or “unity” of things that go together, as well as having a shared meaning in the performing arts: a group of artists working toward a common goal. In taking up both these ideas of collective sharing and of division or enclosure, “Partition/Ensemble” gestures toward a constellation of meanings that conjugate diversely yet resonate strongly in English and in French. Our 2020 conference serves as an occasion to unpack the notions of “partition” and “ensemble” in the performing arts in all their aesthetic and political senses.

Associated with the performing arts, the words partition/score may be viewed from two angles: graphic and performative. Their graphic element lies in their reference to modes of notation and codification of a work, scores that allow for the work’s transmission; partition/score is performative when associated with a process of creation, with ways of creating a piece. In their study of “partition” in 20th and 21st century theatre, Julie Sermon and Yvane Chapuis write “the term partition returns us to a concrete object of mediation: it is a material support housing an ensemble of signs to be decoded and put into play according to more or less established rules and conventions” (2016).

  • Partition/score a site for the invention of compositional modes that are scenic, corporeal, musical, and more within an ensemble or an artistic collective. How do the different ‘languages’ of scoring (movement notation, sound-creation, dramaturgical analysis, devising practices) come together in productions that cross disciplinary boundaries?
  • Partition/score as a material of and toward memory which preserves the trace of a performance, of a creative process and enables their artistic, historical, or pedagogical transmission.
  • Partition/score as an aesthetic form founded in assemblage, the fragment, gaps, tasks to execute instead of in a dramatic plot or story.
  • Partition/score as a means of engaging in dialogue with creators from the past, present and future, forming a kind of transtemporal ensemble. In as much as the word also evokes division and distribution (e.g., of parts, of roles), the question of the sharing and organisation of creative work by groups of theatre artists may also be addressed.

These potential topics will allow us to examine together the aesthetic, creative, and cultural intersections do these crossings allow, constrain, and challenge.

In its primary English-language usage, “partition” might be conceived as a spatial and social element. Here, a partition is a physical divider (such as, a curtain or a room partition) or a conceptual one, such as an ideological border. In this sense, “partition” conjures geopolitical rupture and social dissensus. This aspect of partition highlights ruptures caused by Canadian settler-colonialism with Indigenous territories, ways of knowing and of being together – a rupture that inflects the social-spatial configuration of our 2020 host city of Montreal and that is overlaid by a second partitioning along linguistic lines. Partition holds deeply theatrical meanings, as much performance practice is founded in social and spatial divides of one kind or another – backstage and onstage, audience and performer. And yet, as the theatrical example shows, the space of partition is also a space of jointure or connection; just as a border divides lands, so too does it connect them. We might ask:

  • What territories do CATR and SQET share/divide/distribute [se partager]?
  • We might pose this question about our disciplinary positionings: theatre studies, performance studies, indigenous studies, and other disciplines.
  • What divisions and distributions of shares (parts) are possible in plurilingual colonial, postcolonial and decolonial spaces like the island of Montréal?

These two major through-lines of the conference – partition / ensemble – need not be conceptualised as entirely separate, but rather as concomitant: for instance, creative practices always enact a micro-politics in which ways of being together are invented, elaborated, and negotiated; territorial and linguistic partitions (divisions) are also points of connection.

We welcome a range of research subjects and approaches. We encourage proposals engaging with the conference theme, but proposals that depart from the theme will also be considered. As well as proposals for traditional academic papers, we welcome proposals for workshop demonstrations and poster presentations. Proposals of demonstrations or poster presentations must indicate any specific spatial and technical needs.

Your submission should include the following: a 250-word proposal, your name and affiliation, and a 100-word bio. Send these to partitionensemble@gmail.com by December 4, 2019.

All accepted presenters and participants are required to join either CATR or SQET, or to become dual-members at a special discounted rate. For more information on CATR and SQET, and to join or renew your membership, visit: www.catracrt.ca and http://www.sqet.uqam.ca.


Sylvain Lavoie (Concordia University)
Nicole Nolette (University of Waterloo)
Co-Chairs – Conference Programming Committee

 Posted by Dospel & GanjaParker